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LA VRAIE EXPATRIATION, C'EST LE RETOUR

LA VRAIE EXPATRIATION, C'EST LE RETOUR

Candidat à l’expatriation, vous avez inévitablement entendu parler, voire même vécu un choc culturel, une période d’adaptation à votre arrivée dans un nouveau pays. Mais lorsque vous êtes sur le départ, prêt à rentrer en France, qui vous parle du contre-choc culturel du retour ? Le retour fait peur, à juste titre: "Le retour d'expatriation nécessite une période de réadaptation perçue comme difficile par 62 % des expatriés d’Europe de l’Ouest", relève Patricia Glasel, directrice de Berlitz Consulting. Jean-Luc Cerdin, dans son livre S’expatrier en toute connaissance de cause, explique : "Après avoir vécu un choc culturel lors de l’expatriation, une personne à son retour d’expatriation subirait un contre-choc culturel dans son propre pays. Ce contre-choc pourrait être même plus violent que le choc culturel de l’expatriation à cause de son caractère inattendu".

L’expatriation oblige les expatriés à changer, à évoluer. Ils se sont ouverts, adaptés à un nouvel environnement personnel et professionnel, ont développé de nombreuses compétences relationnelles. Ils ont pu vivre des moments forts, voire exceptionnels sans pour autant avoir pu les partager avec leurs amis ou leur famille restés en France où la vie a continué sans eux.

Au retour, il faut donc se réadapter à son environnement, combler les fossés qui se sont creusés et se refaire une place au sein de sa structure familiale, amicale et professionnelle.

Souvent, à leur retour, les expatriés ressentent un "décalage" entre eux et les Français qui n’ont pas eu l’opportunité de partir : Un décalage dans la manière d’aborder les choses, les gens, les problématiques du quotidien… L’expatrié est parti, il a changé, son "mind set" est différent et il va devoir réapprendre à vivre dans son propre pays.

Pour les conjoints qui parfois ont fait un break professionnel ou qui ont fait preuve d’adaptation et de créativité professionnelle à l’étranger, c’est souvent le moment de reprendre une vie professionnelle "plus classique". Ils seront amenés à réfléchir à un repositionnement professionnel sur le marché de l’emploi. Il est alors important de savoir valoriser les nouvelles compétences acquises et souvent transférables.


Qu’en est-il dans les entreprises ?

A l’étranger, le salarié français est l’ambassadeur de son entreprise et de son pays et jouit d’une grande autonomie professionnelle.

De retour en France, l’expatrié est souvent confronté : à une inadéquation entre son poste et son « nouveau profil », à un manque d’écoute de la part de son entreprise, à une non valorisation de ses compétences acquises, à un manque d’autonomie, à la hiérarchie et au formalisme du siège, ou encore à l’indifférence de ses collègues.

Ce qui entraîne des conséquences non négligeables : 47 % des expatriés quittent leur entreprise dans les deux ans qui suivent leur retour. Cette proportion passe à plus de 60 % parmi les ressortissants d'Europe de l'Ouest.

L’exemple d’Etienne, cadre supérieur dans une grande entreprise française est édifiant. A son retour d’expatriation il est accueilli par des phrases inattendues et déstabilisantes telles que "Ah tu es là ?" "Trouve-toi un bureau et un téléphone !" et entre deux portes : "Tu as du temps, cette mission vient de tomber, c’est pour toi !". Etienne démissionnera moins de six mois après son retour !

Ainsi, l'accueil de l'entreprise est pointé du doigt dans un grand nombre de cas. Seuls 35 % des expatriés estiment que leur entreprise a tenu compte de leurs souhaits en matière de postes à leur retour et 38 % indiquent qu'elle les a aidés dans leur démarche de réadaptation.

Si le retour est souhaité, la phase d’adaptation sera bien entendue plus rapide. Cependant, dans tous les cas, le retour est associé à un "deuil". Il faut donc savoir prendre le temps de l’accepter et envisager son avenir comme "un nouveau départ". C’est pourquoi le retour doit se préparer dès le départ

Pour cela, il est important :

D’avoir un projet professionnel structuré :

Bien qu’il soit difficile de prévoir précisément avant de partir ce qui pourra être envisagé au retour, il est nécessaire de donner du sens à sa mission qui doit s’intégrer dans un projet réfléchi. Il doit être pris comme une phase d’un projet professionnel plus large : gérer sa carrière à moyen terme.

De savoir maintenir les liens avec le siège social :

On constate bien souvent, que pendant leur mission à l’étranger, les expatriés ont peu ou pas de liens avec leur entreprise d’origine. Il est important que l’expatrié garde un lien avec le siège pour éviter qu’il ne s’isole. En gardant le contact, l’expatrié comprend comment l’entreprise évolue et aura moins de surprise à son retour. Il doit également continuer à entretenir des liens pour être au fait d’informations essentielles à sa future mobilité. Il s’agit de conserver et de savoir développer son réseau professionnel, outil indispensable pour sa carrière et son évolution. De savoir anticiper son retour : Etre acteur de sa mobilité

Un retour réussi est un retour anticipé, où l’expatrié est acteur de sa mobilité et de sa carrière. A lui de prendre rendez-vous avec les RH et d’activer son réseau, au moins 6 mois avant la fin de son contrat.

Le réseau doit lui servir à récolter des informations et à se positionner sur des postes.

Trop de déceptions viennent du fait que l’expatrié estime que la société doit gérer sa mobilité à sa place. Or le retour est un casse-tête pour les entreprises. Les deux parties ont donc tout intérêt à voir l’expatrié se mobiliser sur son projet en étant proactif.

De nos jours où l’expérience internationale est devenue indispensable dans une carrière, les parties prenantes ont pris conscience des enjeux du retour.

Cependant des moyens et des politiques doivent encore être mis en place de façon plus systématique par les entreprises afin d’assurer "un retour réussi" à leurs salariés. Les expatriés, quant à eux, restent encore à convaincre des défis à relever et du rôle qu’ils ont à jouer afin d’être acteurs de leur mobilité.

A. Beneton / F. Carbonnel

Si vous souhaitez en savoir plus sur la façon dont nous pouvons vous aider à préparer ou mieux appréhender cette période du retour d'expatriation contactez-nous ou écrivez-nous à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

 

 

 

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